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9 décembre 2011

RISHIKESH DIARIES - MAHAKHUMBA MELA TIMES…

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© Shiva Shakti Shanti 
(REPRODUCTION INTERDITE - All Rights Reserved)
Contact: shanti999@hotmail.com


RISHIKESH DIARIES - KHUMB MELA TIMES…


Pour l’instant Gokarn me manque.


Les au revoirs à mes toutou-chiens a été plein de larmes. Et comme prévu les larmes ont séché en un espoir positif d’avoir donné des armes et de l’amour constructif. Pour survivre par l’amour dans ce monde sans amour justement. 


= Voir mon texte: "LA MISERE HETEROSEXUELLE I - GOKARNA DIARIES" http://shivashaktishanti.blogspot.com/2011/05/la-misere-heterosexuelle-1-gokarna.html





De nos jours tu passes de l’Inde du Sud à l’Inde du Nord en un clin d’œil, sans être trop fatigué ou bouleversé par le voyage. Finies les journées perdues à faire la queue au « Foreign counter » de la gare Victoria de Bombay pour obtenir un billet de train longue durée. La dame qui s’occupe de nous parle anglais tellement vite que je ne vois pas comment un nouvel arrivant « first time in India » pourrait capter quoi que ce soit à ses brumeuses explications. Elle fait partie du voyage, au lieu de te simplifier la démarche, elle va te faire douter et compliquer la marche à suivre. 35 heures de train au bas mot pour faire un Bombay-Dehli, le direct de 23 heures étant toujours plein en saison tu peux toujours te brosser pour obtenir une couchette. Tu le fais une fois pour l‘expérience, après tu l’évites à tout prix. Aujourd’hui les nouvelles compagnies aériennes indiennes low-cost proposent des vols Bombay-Dehli à moins de 60€. Il suffit d’acheter son billet en ligne à temps grâce à makemytrip.com notamment, qui accepte les cartes bleues européennes. Les avions sont récents, le personnel nombreux est charmant, les aéroports sont flambant neufs. 


MUMBAI (Bombay) dans le train équivalent au RER en France. (Woman side -Class A)
L’Inde déteste le tabac et pourtant elle a mis à disposition dans ses aéroports les meilleures « smoking rooms » du monde. Si l’Inde s’enrichit, elle offre des infrastructures publiques impressionnantes. Il faut voir le nouveau métro de Delhi pour le croire. Pourtant j’ai peur que cette « new India » se mette à ressembler au reste du monde dans son béton et sans GauMata (= vache sacrée). 
MUMBAI (Bombay) le matin à l'heure de pointe
Ma maman India s’évapore dans l’impersonnelle Babylone où les friqués sont les rois. Pas étonnant que tous les babas tombent dans l’alcool et le Brown-sugar, ils ont été détrônés socialement par des impies qui ne puent pas des pieds. 


Taxi in Mumbai (Bombay)
* Toutes les photos de la Khumb Mela 2010 à Haridwar = http://www.flickr.com/photos/shivashaktishanti/sets/72157627936155568/


HARIDWAR MAHAKHUMB MELA 2010, Ambiance policée, pûjâ monnayée, Bhakti bradée. 




Une première Khumb « commerciale » dans l’histoire millénaire des Khumbs même le jour de Shiva Ratri on croit rêver debout. Une horde de flics, des milliers de moutons en file. Bloqué dans la foule tu ne vois rien. Le terrorisme est passé par là. Au lieu de musique, dévotion, illumination shilom et bholenath on ne voit que matraques, bamboo-stick et kalachnikov. Je suis assise à attendre qu’un policier me laisse passer le pont vers le Saint des Saints, Har Ki pauri, le ghat où les sâdhus se baignent. La spiritualité n’est plus en vogue, ça se ressent à tous les étages. Les dévots veulent s’approcher de celui qui a la montre en or qui brille de mille feux. Les babas encaissent, les matajis se pressent à l’autel pour obtenir une bonne tape dans le dos. Waouh Guruji c’est porteur comme occupation. Il compte les billets de roupies reçues en donations au fur et à mesure de la journée. Oui mais Baba give! Chai et bouffe gratuite autour de l’arbre de Durga. Par contre ils choisissent les bénéficiaires je ne suis pas sûre qu’un intouchable puisse autant bénéficier de leur générosité que moi-même, occidentale aux yeux bleus. En fait je ne vois que des êtres humains, des gurus défaillants et des élèves imparfaits qui se prennent déjà pour maîtres. Il n’y avait pas grand-chose à apprendre que je ne savais déjà alors j’ai observé, pris des photos, traîné avec les babas et fumé des shiloms pour oublier l’ère de décadence que nous traversons tous. 


* Voir aussi mon article sur Wordpress * "LA MAHAKUMBH MELA, LE PLUS GRAND PELERINAGE DU MONDE, SE POURSUIT SANS ENCOMBRE."http://shivashaktishanti.wordpress.com/2010/03/24/la-mahakumbh-mela-le-plus-grand-pelerinage-du-monde-se-poursuit-sans-encombre/


Back to Rishikesh… JAY GANGA MEIA ! ! ! 




- Ram Jula - Le chant du brahmane retentit, c’est l’heure de "Ganga Aartis", pas de doute je suis bien dans cette Inde authentiquement hindouiste. On va rendre hommage au fleuve sacré qui porte l’histoire de l’Humanité toute entière. Pourtant tout s’est commercialisé depuis une dizaine d’années, surtout la fabuleuse Ganga pûjâ quotidienne à Parmath Niketan. Heureusement d’autres aspects de la vie indienne restent immuables. 




Quand tu t’adresses à un brahmane tu ne lui dit pas un simple « namasté » tu lui assènes un « Ram Ram Ji » plus poli. « Hari Om » convient mieux pour saluer quiconque dédie sa vie à Bhakti, la dévotion. C’est aussi une bonne manière de saluer un sâdhu, bien que « Om Namoh Narayanaya » soit la formule la plus respectueuse de toutes, particulièrement pour saluer un maître que l’on considère comme Satguru.




L’Inde sans les motos et les jeeps est majestueuse, grande, colorée de mille feux qui ne coûtent pas un sou. Toutes ces couleurs au vent des saris brodés de fils d’or ou acrylique redoublent de majesté. Un concombre juteux avec un peu de sel et ça repart pieds nus vers Neelkanth et ses 21kms depuis Rishikesh. Quelques mamies se perdront au passage, mais des haut-parleurs rappellent à tue-tête le nom des malchanceux perdus dans la foule. Des milliers de personnes sont là, comme un convoi de pénitents vers la grève de l’espoir d’être pardonné de n’être qu’imparfaitement humain. Je me nourris de leur regard perçant parfois désapprobateur, mais plein de cette sincérité humaine, et qui me parcourt le long de la spinale jusqu’au cœur. Les énergies se repolarisent dans le bon sens par simple effet de miroir. We are One. 




Chacun a son petit truc pour séduire, se mettre les uns et les autres dans la poche. En moi coule un sang franc et colérique qui me ferme les portes de la mutualisation. Je trouve aux humains de moins en moins de qualités profondes mais de surface, selon l’air du temps. On adopte telle ou telle autre attitude, tel un caméléon on reprend juste la partie de jeu en cours. Tu crois douter sur ta place sur l’échiquier, mais non t’es qu’un pion, où que tu sois. 


- Lakshman Jula - Pour la première fois je décide d’aller habiter dans le ghetto du touriste étranger lambda. Je me sens vide, je n‘ai envie de rien, et personne ne saurait m’inspirer d’idées enthousiasmantes. Je me consacre à mes chiens des rues. Notamment KATPATI dont vous pouvez lire l’histoire en suivant le lien suivant:
http://www.uniteddogs.com/fr/dog/katpati623 
http://www.uniteddogs.com/fr/dog-of-the-week/previous/191769 


Je fais de la résistance à Ganga beach en posant mes fesses bronzées sur mon longhi violet Gokarna offert par mes amis Nabilji et Moona. Pas moyen de m’en faire décoller, je veux conserver ma bronzitude comme une bonne française indécrottable. Je chante mes mantras de dévotion à Ganga et je danse, même assise comme d’habitude à ma Kali place. Mais en maillot de bain. Comme à Gokarn. La police locale vient souvent pour nous chasser, mais toujours on revient comme des saumons dès que Surya pointe son nez. Si j’avais un peu de sous je donnerais un bakchich à ce flic sympathique, qui finalement vient se rincer l’œil tout en vérifiant que personne ne se noie. En revanche, les flics en civil sont moins sympas.


* Video JAI GANGA MEIA Rishikesh LaxmanJula (© Shiva Shakti Shanti)
http://youtu.be/sEUBZP3Ot7U




Je retrouve Liora et Audrey au « Little Buddha Café » ou au « Freedom cafe ». Même équipe charmante et dynamique. On y mange des fruit salades, omelettes, momos et autres avocado-toasts sans aucune culpabilité. Au « Ganga view » on ne peut plus fumer. L’accueil sympathique est cependant resté le même avec un propriétaire respectueux qui propose le meilleur « yak-cheese oregano tomato toast » de toute la région. A moyen terme, les étrangers vont être parqués dans des ghettos touristiques comme celui-ci où il devient impossible d’acheter quoi que ce soit à un prix normal indien. Ce n’est d’ailleurs même plus marrant d’essayer de marchander, car ils refusent, c’est d’un ennui. J’achète des chaussettes tibétaines à 150 roupies au lieu de 50. Je m’en fiche de tout, même de me faire voler. Tu es un blanc, « gauri » tu dois payer le prix fort et puis c’est tout. Les riches indiens reprennent les lieux, comme si on leur avait gardé la place au chaud. Les roots people se font rares aussi et à part quelques exceptions beaucoup de ceux qui sont là se la pètent. Une génération standardisée de couples qui n‘a pas grand-chose à dire et n‘observe même plus tellement elle est centrée sur son nombril. Une attitude sectaire complètement obsolète circule entre les groupes. D’humanité ne reste que vanité du paraître. Un vide absolu.


Ceux qui sont dans le refus crèvent plus tôt. « Smoking kills » c’est marqué sur tous les paquets de clopes maintenant, même en Inde. Ils devraient faire pareil pour l’alcool, une véritable hécatombe se prépare. Qu’on me jette dans Ganga comme toutounette, je ne trouve plus de sens à cette existence. Il n’y a plus d’opportunité de liberté, seul l’esclavage domine la masse. Les autres s’en balancent tout en haut de la pyramide. Nous les pauvres, on se contente de tourner autour, tout en la construisant à nos frais sans jamais en atteindre le sommet. Où ça des opportunités? Je ne vois qu’opportunisme. 


Lynchée lors du festival de HOLI.




Les hindous célèbrent à l'équinoxe de printemps la fête des couleurs, au cours de la pleine lune de février. Tout le monde s'asperge de poudres colorées. Une sacrée zizanie qui dure deux jours à travers toute l'Inde. Les vaches et les chiens, animaux sacrés de Shiva sont copieusement saupoudrés, aujourd’hui tu as le droit de retomber en enfance. C’est marrant on rigole à se projeter des couleurs dans une ambiance de gamineries et bombes à eau. Tout se passe pour le mieux côté Ram Jula, le respect et la sympathie sont de mise. On a même fait une fête dansante jusqu’à minuit ce qui est exceptionnel dans pareil lieu sacré. 


Du côté Laxman Jula attention là pendant Holi c’est une toute autre ambiance. Condescendance hypocrite parsemée de violence contenue qui explose à la moindre occasion alcoolisée. A l’heure du Far West il faut écraser tout le monde pour s’en sortir soi, un schéma connu de l’Occident. Œil pour œil, dent pour dent. Pas de quartier ! Une haine viscérale, profonde et incurable rejaillit comme du pus par l’alcool avalé comme du thé au lait par ces protagonistes enragés au visage masqué. Ici ce n’est plus du tout sympathique, la horde d’une trentaine de jeunes cherche à lyncher du blanc. Ils t’attrapent et te mazoutent le visage avec de l’huile de moteur de voiture. Ton visage est brûlé pour trois semaines. Si tu refuses ils te coursent à trente pour te bastonner, t’humilier et te remettre à ta place d’étranger, qui, même s’il fait tous les efforts d’intégration n’est plus le bienvenu en Inde au moment de Holi. Sauf si tu viens dépenser tes tunes en pagaille et donner ton cul, car on le sait bien « les femmes blanches ce ne sont que des putes ». Et si on ne peut pas les enfiler on va les humilier sur la place publique, pour les punir d’être Libres, riches et indépendantes. Ce fut la première fois de toute ma vie en Inde où j’ai ressenti autant de haine autour de moi. Comme une intouchable à qui on afflige un « bambou massage ». C’était à Laxman Jula. Étrange comment ce sont les indiens qui vivent du tourisme qui nous détestent le plus. Nous dénigrant froidement on devrait les boycotter, les punir à notre tour, leur claquer le cul avec notre pouvoir d’achat. Si vous voulez être en Inde, allez plutôt à Ram Jula. 




Boule à Zéro - Rasage rituel de mes cheveux.

Il était temps de changer radicalement. Offrir ma longue chevelure à Ganga en même temps que les cendres de mon frère FP.Mény, écrivain parisien, clochard de France. Je l’ai déversé au moment le plus sacré de la MahaKumba Mela. Comme les sâdhus il avait renoncé. Avec mon crâne rasé je ressemble à mon grand frère. On dirait une amazone. Ou une grosse lesbienne camionneuse, fais chier. Je découvre ma véritable couleur de cheveux: grise, poivre&sel à 35 balais, double crotte. Je me sens vieille, obsolète, asexuée, entre deux âges, deux réalités. Alors que je ressens une cassure profonde depuis que je me suis faite lynchée à Holi, un autre évènement punitif est venu m’abattre deux jours après que je me sois rasé le crâne: j’ai été EMPOISONNÉE. J’ai mangé un Malai-Kofta piégé. J’ai vécu un cauchemar en vie pendant 48 heures. En parallèle ma mère était hospitalisée en France pour une énième hypoglycémie. On s’est pris cher en même temps. 


Le poison qui a été mélangé à ma nourriture est monté à la tête, sous forme de sueurs froides puis fièvre chaude. Je suis restée deux jours entiers haletante, seule, dans la position de sécurité sans même pouvoir fumer une cigarette tellement j’ai souffert de l’immobilisme du souffle. La vie, quand tu flippes qu’elle te quitte, te secoue les poils transpirants de faiblesse. Vomir, cracher, souffrir, haleter respirer, la peur de péter une durite pendant une secousse respiratoire fiévreuse. Dégouliner de douleur quand tu es conscient. Beaucoup de rêves, des délires en images claires . L’esprit est malin, il fait dormir le corps le plus possible pour moins se sentir souffrir. Quelle belle bête. Le cerveau n’est plus maître à bord, il ne dirige plus aucune opération, seul le cœur tient à un fil. Tu en comprends toute sa grandeur. Quand il n’y a plus personne, il est là, vaillant se suffisant d'un battement modeste il s’accroche. Toute l’énergie est centrée sur ce cœur qui tient seul la route. 




J’imagine que si mon cœur avait eu dix ans de plus, il aurait lâché. C'était trop intense, trop mortel. Dans l’hôtel à Laxman Jula où je résidais, ils ont mis deux jours à appeler un médecin pour moi, femme française seule sans argent. Tournis, vertige, perte d’équilibre toujours du même côté et estomac en vrac sont des symptômes qui ont encore duré plus de trois semaines. Pas de diarrhée. C’est pourquoi j’ai réalisé que j’avais été empoisonnée. Tout te monte à la tête comme du feu. Le médecin a confirmé mon hypothèse. J’ai encore pardonné à Rishikesh. Pendant cette semaine maudite « ils » ont aussi empoisonné deux de mes chiens des rues… Comme pour me mettre en garde. 




La phallocratie est l’ennemi de l’Homme.


Cela devient insupportable de voyager seule en Inde comme femme fière, respectable et agréable. Il faut tout le temps se défendre de ne pas être ceci ou cela. Se justifier sans arrêt de ne pas être ni une pute, ni une caisse enregistreuse de roupies. Certains croient trop qu’on vient là pour leur servir de sécurité sociale. On ne leur apprend pas à se rebeller, à demander à leurs gouvernants de pallier à leur manque de moyens. Je viens d’avoir un argument avec un vieux brahmane qui me demande de quitter le ghât où je squatte depuis toujours avec mes potes baba. J’ai pété un câble lui faisant un sermon sur le respect, et je lui annonce avec force que ses filles, et ses petites-filles allaient prendre sa place, puisque lui n’éprouve du respect que pour son extrême semblable. 




Ai-je parcouru ce pays seule, de long en large pour me laisser insulter par un vieux croulant qui déteste les blancs, et les blanches de surcroît? Je ne supporte plus aucune incartade quant au respect, comme quand j’étais dans la cité sans arrêt sur la défensive à défendre mon droit d’exister en tant que Femme. La roue va tourner et bientôt nous débarrasser des chaînes injustes que nous portons depuis beaucoup trop longtemps. « Nous les femmes, nous le charme » c’est terminé, on ne courbera plus l’échine au coup de sifflet du mâle qui proclamerait « elle est folle » dès qu’une femme fait preuve de courage, de persévérance et de foi. Face à ce vide de face, intrinsèquement, ils feront le tour du rien pour revenir au point de départ, au point de source de tout ce qui vit. MOTHER. La divine Mère dont nous provenons tous va se multiplier. Il n’y aura plus jamais de retour. 


La phallocratie est en cours de dissolution. 


Wait and see…

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2 commentaires:

  1. Un blog magnifique et trés interessant. Merci!

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  2. Hey Anonyme! je prend ça comme une bonne tape dans le dos pour continuer :D ça m'encourage, merci encore pour votre lecture ! ! !

    Mon autre blog plus journalistique est là: http://shivashaktishanti.wordpress.com/

    Que 2012 soit avec nous!

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