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17 septembre 2009

ACTE I - LETTRE D'AMOUR 2008, le Culte du pas encore ou du plus du tout " शिवा शक्ति शान्ति "



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© Shiva Shakti Shanti 
(REPRODUCTION INTERDITE - All Rights Reserved)

ACTE I - LETTRE D'AMOUR 2008, LE CULTE DU PAS ENCORE ou DU PLUS DU TOUT" par Shiva Shakti Shanti


5 juin 2008: Mon frère FP MENY m'a téléphoné 3 fois pendant que j'écrivais ce texte, c'était la dernière fois que j'entendais sa voix, "je t'aime ma ptite soeur" il me l'a dit 3 fois aussi. Fred mon frère adoré est mort le 11 juin 2008 en corrêze d'une crise cardiaque fulminante, seul dans une grange. (sa photo postée tout en bas de ce post, Fred n'aimait pas être photographié je possède très peu de photos de lui)



Perpétuation de mon pauvre sort sentimental et sexuel ce bordel organisé qui me sert de vie ressemble à une dramarturgie grecque.


Kunkyen me manque.
Aucune empathie plus forte n'a vu le jour depuis lui...
En moi il demeure.

Je ne sais pas ce que le destin nous réserve, retrouvailles ou séparation à jamais sur un océan de vide absolu je nous espère autour de ce lac tibétain, le lac où les rêves deviennent réalité, où les formes géométriques imaginées par la pensée se transforment en tangibles villages habités. Que les daikinis-mères m'inspirent le chemin à prendre pour rester directe avec moi-même, affiner mes intentions toujours plus floues d'autant plus que le temps avance comme un rapace à la trace.


Plus je me détache, plus je me fous de tout, plus je vis dans le présent et plus je suis inadaptée à ce monde réel plein de certitudes sur tout et d'exactitude sur rien, le "on croit tout savoir" n'avance à rien non plus.

I am a passenger. Je ne fais que passer. Il faut bien se faire à cette idée magnifique de n'être rien, absolument rien.

Passer de l'avoir à l'être puis au non-être.

Le but ultime de la sagesse c'est de ne plus être du tout, s'imprégner de l'univers comme unique reflet et s'en contenter. Tel serait "le bonheur"selon certains érudits. Donc, vouloir être ne serait pas "Être" encore.

Ce que l'on espère n'arrive jamais alors il ne faut plus espérer du tout, c'est ça la sagesse du juste-milieu, ne plus désirer du tout, ne plus même espérer. Surtout cesser de réclamer, insupportable travers humain, c'est un dilemme de rester totalement indépendant lorsque l'on décide de s'engager dans un attachement quel qu'il soit, car on se dénature forcément un peu à son entretien. D'abord vidé on se fait voler son énergie vitale contre rien en échange.


Du mépris, oui, du déshonneur. Se sentir souillé d'absence de pensées ou d'attention.
 

Kunkyen, " ton coeur, ce théâtre hiérarchisé, a brisé le mien. Coeur-à-coeur inégal à l'issue duquel j'ai été expulsé de la loge d'honneur, pour ne même pas avoir droit au moindre strapontin en fond de salle. Ton silence est ignoble."

Des relants de pensées me reviennent parfois, comme un vieux goût dans la bouche qui ne part pas. Les amis se disent "merde shanti nous fait encore une kunkyenie." 
Si je le ressent encore en moi, peut-être que lui aussi pense encore à moi; parfois je me laisse tenter de le croire, cela ferait de nous une parèdre si romantique si seulement on se retrouvait enfin, toute cette attente inconsciente prendrait son sens. Tu n'as jamais cessé de me hanter, je me demande toujours ce que tu peux bien faire à chaque moment de la journée, ça m'importe. Plus tu deviens flou et irréel, plus je te réclame, mon amour.


Ma soif de toi ne pourrait trouver de meilleur chemin que son contentement.


Il n'y a plus aucune image de toi en moi, plus aucun attachement visuel ou sensuel avec toi, et pourtant chaque cellule de mon corps est imprégnée de toi, de ton souvenir tatoué au coeur même de mon âme. Il y a 1356 jours de cela tu me tenais dans tes bras de tout ton amour et tes 17 ans. Tu es le plus beau moment de ma vie Kunkyen.


Cul-Cul la praline, là, je vais me faire mal aux genoux.


Parfois je peux t'imaginer avec moi, invisible, et moi essayant de te deviner tel un fantôme. Absents et présents nous créons autour de nous un aura de protection qui nous appartient. C'est notre monde secret. Tu es le moteur de mes rêves. Sans toi je n'ai envie de rien car avec toi j'ai envie de tout, tu es celui que je cherchais depuis que je suis née. J'ai envie de toi et de tout ce qu'on pourrait partager de beau mon amour, voyager à l'intérieur de nous-mêmes et découvrir ensemble des contrées inviolées de nectar absolu d'amour perdu.


Pourquoi lutter par défi de ce qui doit être ?
La jeunesse et l'ambition de l'égo vont de pair, 11 ans et demi de différence ça rend notre possibilité d'amour platonique, et sans réalité tangible? Il suffirait d'un signe de ta part, je ne sais pas qui tu es et tu te refuses à te faire connaitre de moi, c'est très dur comme jugement de ta part. Tu restes implacable, tel un juge tu m'as condamnée à ne jamais te revoir.


Tu ne m'as trouvé aucune circonstance atténuante.


Laminant mon égo je marche enfin comme être humain dépouillé de ses atours maléfiques, je me suis dépossédée de toute ambition réalisant mon extrème imperfectude et non-spécialité à part en rien du tout, j'ai accepté le dérisoire de toute vie. Il n'y a pas moyen de faire gripper la machine, elle déchiquetera tes rêves les plus illusoires en une soupe de légumes passés. La vie n'a aucun sens. Parfois elle en aurait selon certains experts.


Aimer l'absence, c'est l'énigme du sommeil. On ne sait pas ce qu'on y fait.


Certaines nuits, mon esprit est invité à quelques leçons visuelles et sensorielles dont je n'ai pas conscience. Etait-ce un rêve ou de la télépathie ? Son regard, sa bouche, son corps me manquent, si je suis toujours en contact avec son âme. L'imagination sublime d'une nouvelle étreinte fait vibrer mon corps céleste, comme un espoir de vie.


Au-delà de tout entendement, au-delà de toute logique, je l'aime toujours et ne désire que le retrouver dans mes bras de catcheuse. Je veux lui donner tout mon amour indépendant, partager avec lui des aventures de la vie et accelérer la soif d'exister dans un monde réel crée par le "Ensemble".


On ne vit plus que par procuration.


La génération "toutes technologies à disposition" ne cherche plus à vivre les evènements, elle veut fixer l'image, la compacter dans une illusion de souvenir et de toute-puissance. C'est la nouvelle vague d'immortaliser ce qui n'existe pas. On imprime des moments avant même qu'ils ne surgissent.


L'irritation de ta narine n'enlèvera pas toutes les brisures qu'il y a sous la croûte. Le simple remerciement d'un geste peut être confondu comme parjure. L'égo a ses moyens et ses aboutissants, il sera réduit à néant dans la pénombre du soir sans lune. Donne-moi ta main, bel inconnu, telle une furie en ton sein je m'agripperai comme une teigne à ta toison luisante de désir. 

Soupe de plumes et de mélasse l'attachement produit de l'attention mutuelle en un point commun intangible. En dehors de tout système ou de mise en réalité, la vie reste un plat qui se mange sans faim. L'univers nous rassasie de tous ses rayons de partage et séparation, et nous survivons chacun pour soi en cet individualisme de norme.


Antinomique qu'est-ce que la sélection naturelle ?
Nous rattrapons le passé quand le présent nous manque, on se projète dans le futur quand le présent est réglé par la routine. Quand rien ne laisse présager de changement l'esprit se laisse entartrer de suffisance, il se pollue de certitudes.



Il faut pactiser avec l'inconnu, pour secouer l'esprit deshumanisé, rendu inanimé par tout le plastique qui l'encombre.



N'ayant pas de reconnaissance l'être humain est finalement le plus opportuniste de tous les êtres de la Création. Quand il s'agit de survivre il n'y a plus de moralité, c'est l'opportunisme permanent qui permet de se perpétuer en cette réalité. De rat d'égoût on devient chatte de plage, en un instant on peut changer de costume et dodeliner de la tête dans une approbation générale. Quand un mur de silence m'empêche de respirer je me cogne la tête contre les murs... A quoi bon une existence essentiellement tournée sur soi, ça sert à quoi ?! De l'inertie naît le trouble d'un après, et la conscience s'évapore dans la fumée de mon joint.


Où est-il? Que fait-il? Puisqu'il ne dit rien je vis dans cette angoisse permanente de ne rien savoir. L'angoisse de mort remplit tout, son silence me tue à petit feu. Je n'ai plus d'illusions, j'ai décortiqué des pans de vie de mille facettes pour découvrir que c'est l'angoisse du rien qui nous fait avancer vers le tout. Quand cette peur s'apaise il n'y a plus d'objectif, plus d'idées à débattre car tout coule sur la voûte de l'indifférence de l'indifférenciation.


J'aimerais voler comme un oiseau et encore observer ce monde avec des yeux neufs, chaque point de vue apportant solidité au réseau des perceptions précédentes. Ma mission d'observation participative écourte ma fonction sociale, la réduisant à néant. Une vermine qui bouffe le système de l'intérieur, comme un bon Rainbow Warrior. C'est moi qui vais gagner car je suis dans le plus opportuniste des deux systèmes.


Kunkyen est une mouche qui a pondu des oeufs de vermine pour réduire mon esprit au néant, laminer mon égo et laisser mon corps pour mort-vivant entretenu par les charges sociales des millions de fourmies. Seule avec l'Amour de Dieu je continue la route tant bien que mal. Un pauvre sort de cigale, aurait surement ponctué La Fontaine !


Derrière la nuit noire de tes espérances cette apparition décevante eut lieu.


Elle t'a fait manger du grain de ton ignorance. Le spectacle de ta joie immolée est un désastre pour les sens, tu t'avilies à dire Non quand il faut dire Oui, fixé au stade oral sadique tu as décidé de tout gâcher par soit disant "Libre-Arbitre."

L'orage miraculeux n'aura pas lieu, tu t'en laves les mains.
La désespérante moisson du non-agi ne donne pas de fumier fertile.


La vermine de l'homme, c'est le non-acte.


Tout ce qui le pousse au moindre effort l'amoindrit.
En tant qu'être existant par la forme,
quand la lacheté prend tout le corps et le coeur,
l'esprit esclave du trop peu ne rêve plus.


L'obsessivité de l'inaccompli remplit le corps de rancoeur et les membres de solitude permanente et entretenue. La loyauté n'y fera rien, elle ne vaut rien à ses yeux. Rien n'a de valeur à part une belle poitrine à tâter. . .

© Shiva Shakti Shanti 
(REPRODUCTION INTERDITE - All Rights Reserved)



Ce texte est le premier d'une suite de 3 textes: 

* Lien vers ACTE I * === LETTRE D'AMOUR 2008, le culte du pas encore ou du plus du tout ===  http://shivashaktishanti.blogspot.com/2008/06/lettre-damour-2008-le-culte-du-pas.html

* Lien vers ACTE II * = LETTRE D'AMOUR 2010, la dictature du médiocre =
http://shivashaktishanti.blogspot.com/2010/10/lettre-damour-2010-ou-la-dictature-du.html


* Lien vers ACTE III * = LETTRE D'AMOUR ÉPILOGUE, A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU... IBIZA 2011 =  http://shivashaktishanti.blogspot.com/2011/09/acte-iii-ibiza-2011-lettre-damour.html


FP MENY - Frédéric Pontonnier
(16.10.65 - 11.06.08)
http://efpe.free.fr/
Tu me manques trop, mon frère, je t'aimerai toujours.

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